Justice internationale

1300 éléments pour couler Gbagbo, Blé Goudé peut souffler

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1300-elements-pour-couler-gbagbo-ble-goude-peut-souffler Laurent Gbagbo est en détention à La Haye Ph: D.R
Revue de presse

Bonjour fidèles lecteurs de Linfodrome.com. Heureux de vous retrouver pour notre traditionnelle revue de la presse ivoirienne. Nous parlerons ce mercredi 15 janvier 2014 des procédures engagées à la CPI contre Laurent Gbagbo et ses proches. Bonne lecture !

Bensouda apporte de nouveaux éléments contre Gbagbo

La plupart des quotidiens ivoiriens, ce jour choisissent de se pencher sur les nouveaux éléments de preuves apportés par la procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI), Fatou Bensouda dans l’affaire qui l’oppose à Laurent Gbagbo. Dans ce sens, L’Inter donne des détails sur les éléments déposés par la gambienne. « Cour Pénale Internationale : tout sur les nouvelles preuves de Bensouda contre Gbagbo», titre en manchette le journal qui écrit que, « Pour ses 1300 documents déposés auprès de la Chambre préliminaire 1, la magistrate gambienne s’appuie sur « plus de 800 actes commis contre des civils lors de 39 incidents », y compris quatre incidents pour lesquels « la responsabilité pénale de Gbagbo est engagée ». Ces quatre incidents sont : la répression, le 16 décembre 2010, pendant et après une marche des partisans d’Alassane Ouattara qui se rendaient à la maison de la RTI, la télévision nationale, la répression, le 3 mars 2011, à l’arme lourde d’une manifestation de femmes pro-Ouattara dans la commune d’Abobo (Abidjan-Nord), le bombardement « à l’aide de mortiers d’un secteur densément peuplé » dans la même commune, le 17 mars 2011, et l’attaque d’un quartier précaire de Yopougon (Abidjan-Ouest), le 12 avril 2011. Après quoi, Bensouda évoque dans un document un « Plan commun » de crimes conçu et mis en œuvre par Gbagbo et ses proches pour se maintenir au pouvoir ».

Les journaux proches de Laurent Gbagbo estiment que les nouveaux éléments apportés par Fatou Bensouda n’apportent rien de nouveau à cette affaire. « Document de Bensouda sur Gbagbo : 96 pages pour rien », barre à sa Une Notre Voie. « La procureure de la CPI, Fatou Bensouda a déposé son nouveau tissu de mensonges sur le président Laurent Gbagbo. Un document de 96 pages qui ressasse la même litanie d’accusations infondées et de procès d’intention. A savoir que dès son accession au pouvoir en 2000, Laurent Gbagbo aurait conçu un plan politique visant à sa maintenir au pouvoir à tout prix (…) les juges ont autorisé Fatou Bensouda à aller chercher encore. Six mois après, la revoilà avec les mêmes arguments et un millier de documents qui subiront à coup sûr le même sort que ceux de l’année dernière », commente le quotidien.

De son côté, Le Nouveau Courrier se montre plus amer avec la procureure gambienne. « CPI : nouvelles preuves contre Gbagbo, du n’importe quoi ! », s’exclame à sa Une le journal. « Ses preuves jugées insuffisantes par la Cour Pénale Internationale (CPI), la procureure Fatou Bensouda avait été priée d’étoffer ses arguments contre le président Laurent Gbagbo sur sa responsabilité dans la commission de crimes contre l’humanité dans la crise postélectorale ivoirienne. Depuis lundi, son document qui renferme 1300 éléments est aux mains de juges de la CPI. Rien de nouveau sous le soleil. Du grand n’importe quoi ! », indique le quotidien.

… Les pro-Ouattara prédisent « la mort » de Gbagbo

De leur côté, les titres proches du pouvoir ivoirien estiment que ces nouveaux éléments sont suffisants pour couler l’ex-président ivoirien. « Crise postélectorale : voici les preuves qui vont ‘’tuer’’ Gbagbo », barre à sa Une L’Expression. Le quotidien qui publie de larges extraits du document présenté par Fatou Bensouda indique que cette dernière « a déposé un dossier béton amendé qui retrace la responsabilité directe de Laurent Gbagbo dans les tueries de la crise postélectorale ».

Dans le même sens, Le Patriote livre à sa Une : Bensouda dévoile le plan machiavélique de l’ex-dictateur : voici la machine à tuer de Gbagbo ». Le journal qui publie également de larges extraits du document indique que celui-ci « décrit dans les détails la machine à tuer mise en place par l’ex-dictateur ».

Le gouvernement demande une rallonge pour Blé Goudé

Sommé par la CPI de se prononcer au plus tard le 13 janvier 2014 sur l’extradition de Charles Blé Goudé à la Haye, le gouvernement ivoirien a demandé un délai supplémentaire à la CPI, fait savoir L’Inter. « Transfèrement à la CPI : le gouvernement demande 3 mois de sursis pour Blé Goudé », titre en manchette le journal. « Le gouvernement ivoirien n'est pas prêt à lâcher Charles Blé Goudé. En tout cas, c'est ce qui transparaît dans sa requête transmise au bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), hier mardi 14 janvier 2014. En effet, dans une note écrite par les avocats de l'État de Côte d'Ivoire et transmise à la CPI, il ressort que le pouvoir d'Abidjan a fait ses observations quant à la volonté de la juridiction internationale de récupérer le prisonnier Charles Blé Goudé, emprisonné dans un endroit tenu secret depuis son arrestation le 17 janvier 2013 au Ghana et son extradition vers Abidjan le lendemain. Le gouvernement de Côte d'Ivoire a souhaité un sursis de trois mois, soit jusqu'au 13 avril 2014, pour se prononcer sur le transfèrement ou non du président-fondateur du Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (COJEP). « La présence continue de Blé Goudé en Côte d'Ivoire (…) s'avère indispensable au bon fonctionnement des poursuites », soulignent les avocats de l'État ivoirien dans leur note adressée à la CPI », écrit le journal.

Pour sa part, Le Nouveau Courrier qui indique que, « le gouvernement a proposé à la CPI de reporter de trois mois, c’est-à-dire jusqu’au 13 avril prochain, la durée du sursis pour se prononcer sur le transfèrement de Charles Blé Goudé », ajoute que, « le gouvernement Ouattara qui semble avoir emprunté le chemin de la réconciliation gagnerait à sursoir aux transferts des pro-Gbagbo à La Haye ».

Abraham KOUASSI
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