Politique et Justice

Ouattara récuse le ''rattrapage'', opération rachat à la CPI

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ouattara-recuse-le-rattrapage-operation-rachat-a-la-cpi Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d'Ivoire PH: D.R
Revue de presse

Bonjour amis lecteurs de Linfodrome.com. Heureux de vous retrouver pour notre traditionnelle revue des parutions de la presse ivoirienne. Deux sujets sont au menu de ce samedi 14 décembre 2013. La visite d'Etat d'Alassane Ouattara dans le Bélier et les rapports entre la Côte d'Ivoire et les institutions internationales. Bonne lecture.

Ouattara explique ses nominations

En visite d'Etat dans la région du Bélier, le Président de la République, Alassane Ouattara a échangé le jeudi 12 décembre, avec les cadres de la région sur les questions relatives aux nominations dans l'Administration, nous indique Le Nouveau Réveil. « Nominations dans l'Administration publique : Ouattara a brisé un gros mystère, hier », barre le journal à sa Une. Selon Alassane Ouattara cité par le journal, « Sur le plan des nominations, un système qui a été inventé par Patrice Kouamé qui a été, à l'époque, ministre de la Fonction publique a été mis en place. Nous (le gouvernement) avons mis en place un comité restreint qui reçoit les propositions de tous les ministères. A partir de là, un certain nombre de ministres (…) analysent pour faire des propositions au gouvernement ». Ce mécanisme fait dire à Alassane Ouattara « qu'il n’y a pas de discrimination et il n'y a pas aussi de discrimination positive ».

Sur le même sujet, L’Expression livre à sa Une : « nominations des cadres, statut des chefs, découpage électoral : les Baoulés posent de violentes questions, Ouattara riposte ». Le chef de l'Etat dont les propos par lui lors de cette rencontre sont publiés par le journal a fait la précision suivante : « Quand la liste des nominations arrive et que je regarde, si c'est un ministère RDR et que je me rends compte qu'il y a huit RDR sur 10, je rejette le dossier. J'en fais de même quand c'est 8 PDCI sur 10 pour un ministère PDCI ainsi de suite. Je leur dis que je veux quelque chose d'équilibrer. Je tiens compte de notre alliance en priorité. Mais, les autres régions doivent être également représentées ».

De son côté, Le Temps met en avant « l'amertume » des populations de Yamoussoukro sur la question du transfert de la capitale dans la ville du centre. « Abandon du transfert de la capitale à Yamoussoukro : les populations regrettent Gbagbo, les cadres assènent leurs vérités à Ouattara », peut-on lire en manchette du journal. A en croire le quotidien, les cadres qui ont inviter le chef de l'Etat à doter Yamoussoukro des moyens d'une véritable capitale, « ont dans leur dernière exigence rendu hommage au président Laurent Gbagbo. Parce qu'ils ont demandé à Ouattara de considérer sérieusement le processus de transfert de la capitale à Yamoussoukro. Un projet qui tenait à cœur au Président Gbagbo. Qui, n'a pas lésiner sur les moyens afin de réaliser le rêve si cher du premier président ivoirien ».

Côte d'Ivoire-ONU : c'est chaud !

Les rapports entre le gouvernement ivoirien et l'Organisation des Nations Unies (ONU), se sont tendus depuis la récente publication du rapport d'experts de l'instance internationale. Soir Info nous indique que le président ivoirien est particulièrement remonté contre le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon. « En colère, Ouattara à Ban Ki Moon : ''qu'il sache que je ne suis pas content », barre à sa Une le journal. Le quotidien qui livre un entretien accordé au numéro un ivoirien par la radio britannique BBC, livre la réaction de ce dernier au dit rapport. « Vous savez, ces experts doivent être renvoyés de l’Onu, je trouve ça abject, c’est du non sens, c’est n’importe quoi. Le président ghanéen que j’ai vu m’a dit qu’il fera une déclaration. Je pense que les Nations Unies devraient choisir avec un peu plus de contrôle et de vérification ces soi-disant experts. Tout ce qu’ils disent est mensonger, inacceptable. J’ai donné d’ailleurs copie de mon communiqué de presse au Secrétaire général Ban Ki Moon pour lui dire que pour ne pas l’embarrasser, je ne fais pas de correspondance publique mais je veux qu’il sache que je ne suis pas content, les Ghanéens ne sons pas contents, les Libériens ne sont pas contents », a déclaré Alassane Ouattara.

De son côté, Le Nouveau Réveil, dans une analyse, commente ce rapport onusien. Le journal écrit dans ce sens que, « nous avons la désagréable impression que les Nations Unies tiennent coûte que coûte à faire l'équilibre entre le marthyr qu'on fait endurer pendant dix ans le régime dit de la Refondation de monsieur Gbagbo et du FPI et des exactions (?) que commettrait le régime du président Ouattara (…) Nous sommes tout à fait d'accord qu'on obtienne du régime actuel que tous ceux à qui il est reproché la moindre exaction soient jugés et punis. Cela ne saurait occulter les crimes du régime Gbagbo dont la Côte d'Ivoire ne se relèvera sans doute jamais ».

Pour sa part, Le Temps revient sur les crimes commis au camp de réfugiés de Nahibly. « Massacres de Nahibly : l'ONU charge encore Ouattara », titre en manchette le journal. Le quotidien qui fait savoir qu'à l'occasion de la célébration des 65 ans de la déclaration universelle des Droits de l'Homme, Eugène Niendorera, chef de la division des Droits de l'Homme de l'ONUCI est revenu sur ces crimes commis dans la région de Duékoué, indique que le fonctionnaire onusien « a levé un coin de voile sur la volonté de son institution de voir le gouvernement régler définitivement les violences posté-crise qui ont eu lieu à Duékoué où des civils ''qui n'ont rien fait'' ont subi les pires atrocités ».

Quant à L'Inter, il se penche sur la question de la Cour Pénale Internationale (CPI), en indiquant que de nouvelles arrestations pourraient être demandées par La Haye. « Après Gbagbo, Simone et Blé Goudé : la CPI prépare de nouveaux mandats d'arrêts, la mise en garde de Fatou Bensouda », barre à sa Une le journal qui renseigne que, « Dans un document produit hier, la Cour s'est engagée à aller jusqu'au bout des investigations en cours dans le cadre du dossier ivoirien et à émettre de nouveaux mandats d'arrêt. A la vérité, cette mise au point du Bureau du procureur fait suite au récent séjour en terre ivoirienne d'une délégation de la Cpi, conduite par son porte-parole Fadi Abdallah. A cette occasion, celui-ci et sa collaboratrice de la communication, Caroline Maurel avaient eu une rencontre avec la presse au cours de laquelle la quasi-totalité des intervenants les ont interpellés sur le caractère partial ou du moins sélectif des poursuites engagées par la Cpi dans le cadre du dossier ivoirien. (…) Des extraits de ce texte, rapportés par un site d'information, inclinent à penser qu'il s'agit pour la procureure Fatou Bensouda de rassurer les pro-Gbagbo quant à sa volonté de poursuivre d'autres acteurs politiques ou militaires ivoiriens, de quelque bord qu'ils soient »

Abraham KOUASSI
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