Politique nationale

Ouattara et Affi soufflent le chaud et le froid

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Revue de presse

Bonjour fidèles lecteurs de Linfodrome.com. C’est un plaisir de vous retrouver pour notre revue des parutions de la presse ivoirienne de de ce samedi 21 au dimanche 22 septembre 2013. Nous parlerons aujourd’hui du refus du gouvernement de transférer Simone Gbagbo à la CPI, de l’actualité au PDCI-RDA ainsi que de la tournée d’Affi N’Guessan qui se poursuit. Bonne lecture et agréable week-end !

Simone Gbagbo sera jugée en Côte d’Ivoire

La décision est tombée à l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire qui a eu lieu le vendredi 22 septembre 2013. Simone Gbagbo, l’épouse de l’ex-Chef d’Etat ivoirien ne sera pas extradée à La Haye, siège de la Cour Pénale Internationale (CPI). « Simone Gbagbo n’ira pas à la Haye », titre en manchette Fraternité Matin. Le journal, citant le communiqué du gouvernement, indique que « cette décision du Conseil vise à faire juger Mme Gbagbo en Côte d’Ivoire par les juridictions ivoiriennes qui sont, aujourd’hui, réhabilitées et à même de lui faire un procès juste et équitable ». Quant à Le Temps, il voit en cette décision une défaite pour le Président de la République, Alassane Ouattara. « Déportation de Simone Gbagbo à La Haye : Pourquoi Ouattara jette l’éponge », barre t-il à la Une. Le journal explique cette décision par le fait « qu’un éventuel transfèrement de Simone Gbagbo entrainerait inévitablement ceux de Guillaume Soro et ses ex-chefs de guerre à la prison de Scheveningen », avant de s’interroger : « Pourquoi le Président Gbagbo a été déporté à La Haye alors que les charges que fait peser Ouattara sont les mêmes ? ». A cette question, le ministre de la Justice et des Libertés publiques, Mamadou Gnénéma a apporté la réponse suivante dans un entretien télévisé retranscrit par Le Patriote. « On aurait pu juger l’ex-Président ici, en Côte d’Ivoire si les circonstances étaient les mêmes ». Car, selon lui, « en novembre 2011, la Côte d’Ivoire sortait d’une longue crise armée. (Nous) n’avions pas (nos) infrastructures judiciaires en état ». Cette décision n’a pas laissé indifférent le parti de l’ex-Première dame. Dans un communiqué signé de Laurent Akoun, son secrétaire général et publié par Le Temps, le Front populaire ivoirien (FPI), « s’est félicité du fait que le gouvernement » le « rejoigne sur sa position affirmant que la justice ivoirienne est outillée pour connaitre de toutes les affaires sur le territoire national ». Notons qu’en plus de cette décision concernant Simone Gbagbo, le Président de la République a gracié 3000 détenus « auteurs de certaines infractions de droit commun ».

PDCI : pas de candidats avant le Congrès

Des cadres au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) se sont d’orès et déjà déclarés candidats à l’élection pour la présidence de ce parti. Sur la question, le président du comité d’organisation de cette importante rencontre pour le « vieux parti » a donné des précisions livrées par Le Mandat. « Guikahué clarifie tout : Tant que le Congrès n’est pas ouvert, il n’y a pas de candidature », fait savoir le quotidien à sa Une. « (…) Tout ce dossier est versé devant le Bureau du Congrès. Tant que le Congrès n’est pas ouvert, il n’y a pas de candidature. C’est le bureau du Congrès qui est seul habilité à recevoir les candidatures et à les valider », a expliqué le cadre du PDCI lors d’une conférence de presse animée le vendredi 20 septembre 2013. Pour sa part, Kouadio Konan Bertin (KKB), candidat déclaré à cette élection s’est dit prêt, selon L’Inter à remplir les exigences financières qu’il faut. « 12è Congrès du PDCI : KKB prêt à payer les 18 millions de Fcfa », écrit le quotidien en manchette. « Les 18 millions ne me posent pas de problème. Je suis prêt à les payer dès maintenant », a déclaré le président de la JPDCI lors d’un entretien le vendredi 20 septembre 2013. KKB a, par ailleurs « exigé un minimum de transparence » car, selon le député, toujours cité part L’Inter, les décisions prises par le Bureau politique expriment « la volonté de tricher et d’imposer Bédié ».

Affi à la fois béni et décrié

Le président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Pascal Affi N’guessan, continue ses audiences avec les populations. « Depuis Bongouanou, il parle à la communauté musulmane », lit-on en première page dans Le Temps. Précisément dans le quartier Dioulakro où il a rencontré les chefs des communautés musulmanes et de la Cedeao, à qui il a prôné le pardon. « Dieu nous recommande d’aimer nos ennemis. Et j’aime tout le monde malgré ce qui s’est passé ici. Merci à tous ceux qui ont prié pour ou contre notre libération ». La même information a été rapportée par Le Quotidien d’Abidjan. On y lit qu’Affi a dit « je suis venu vous saluer pour vos prières à mon endroit. N’ayez pas peur parce que je suis libéré, je vais me venger. Si je me venge Dieu ne me bénira pas ». Quant à l’imam Mamadou Traoré de la petite mosquée du quartier, il a exprimé ses regrets pour les torts causés à Affi. « Nous regrettons beaucoup ce qui s’est passé avec le pillage et la destruction de vos biens. Affi est notre frère hier, aujourd’hui et demain. Que Dieu vous donne la force d’avoir toujours le dessus sur ses ennemis ». A la Une de Le Nouveau Courrier, le quotidien livre que « l’imam Traoré confirme les prédictions sur Affi ». Car, a-t-il dit « c’est parce que vous êtes promis à un avenir meilleur que ceux qui vous voulaient du mal vous ont emprisonné. Mais par la grâce de Dieu, vous êtes sorti… ». Mais en croire L’Expression, « les militants du FPI désavouent Affi ». Il s’agit d‘abord de Zadi Djédjé, président de la Coalition des Jeunes Patriotes pour la Paix et la Réconciliation, qui a dit « je ne suis pas d’accord avec Affi qui pense à sa maison pillée plutôt qu’aux jeunes et aux personnes qui ont été tués ». Hormis lui, des femmes de la société civile ont dénoncé chez Affi et son leader de jeunesse Koua Justin « des propos tendant à mettre à mal la cohésion sociale et la réconciliation nationale ».

Abraham KOUASSI
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