Situation politique ivoirienne

Le PDCI s'enlise, Fologo et Anaky fustigent Bédié et Ouattara

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le-pdci-s-enlise-fologo-et-anaky-fustigent-bedie-et-ouattara Au PDCI, les choses vont de plus en plus mal, alors que des alliés du pouvoir attaquent le tandem Bédié-Ouattara. Ph D.R
Revue de presse

La tension au PDCI ainsi que la réaction de Fologo et d’Anaky Kobéna sur la gestion de Ouattara sont les sujets de notre revue de presse de ce mardi 27 août 2013. Bienvenue sur linfodrome.com et bonne lecture !

Tension au PDCI

Au Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), les choses prennent une autre tournure. « A 38 jours du congrès, la guerre totale au PDCI », titre Soir Info. Cette fois, c’est le secrétariat général qui s’enlise. Le N°3 de cette instance, Maurice Kakou Guikahué, a convoqué tout le secrétariat général à une réunion au cours de laquelle il va annoncer les nouvelles dispositions prises par le président Bédié dans la gestion des affaires, après l’annonce de la candidature du secrétaire général à la présidence du parti. Pour ce dernier, Djédjé Mady, l’acte que veut poser son collaborateur est « une usurpation de fonction ». Il a donc annoncé l’annulation de cette réunion. « Ce communiqué n’est signé ni par délégation, ni par ordre ni par intérim. Il est donc une initiative de l’intéressé, alors qu’une disposition statutaire et réglementaire du PDCI ne l’y autorise….En s’octroyant les prérogatives qu’il n’ pas, le Pr. Kakou Guikahué viole de façon flagrante les principes de fonctionnement du secrétariat général... ». Quant à L’Expression, il écrit « Guikahué et Mady se battent » pour le contrôle du secrétariat général. Il fait part du communiqué de Mady dans lequel on lit aussi « le professeur Alphonse Djédjé Mady, secrétaire général du parti, informe les membres du secrétariat général du PDCI-RDA que la séance de travail convoquée abusivement et illégalement par le professeur Kakou Guikahué est annulée ».

Situation ambiguë pour Bédié

Une autre guerre, celle des textes a lieu au sein du PDCI. « Bédié rattrapé par l’article 35 », titre à la Une Nord-Sud Quotidien. Cet article 35 dit que « le candidat à la présidence du PDCI-RDA doit : être Ivoirien ; être âgé de 40 ans au moins et de 75 ans au plus… ». Or le président actuel, Henri Konan Bédié, qui veut se succéder, est âgé de 79 ans. Aussi deux clans, invoquant chacun les textes du parti, soutiennent ou rejettent la candidature de Bédié. Mais Le Patriote titre que « malgré les agitations de ses adversaires, Bédié est déjà président ». Il décrit comment Bédié a tout verrouillé. C’est que pour gagner la bataille contre son secrétaire général et les autres, le président du PDCI compte sur des hommes de main que sont : l’inspecteur général d’État et ancien ministre de l’Économie, Gnamien N’goran ; l’ancien ministre de la Santé, Kakou Guikahué, responsable d’organisation du congrès d’octobre prochain et du Pr. Niamkey Koffi, porte-parole de Bédié, homme de confiance de Bédié reconnu par tous, dit-il. Ils sont soutenus dans leurs tâches par d’autres barons du parti. Les adversaires de Bédié sont la cible de Le Nouveau Réveil. « Pourquoi veulent-ils tous la tête de Bédié ? », interroge t-il. Djédjé Mady, Charles Konan Banny, Georges Ouégnin et Kouadio Konan Bertin, selon le journal, reprochent à Bédié de s’être réconcilié avec Ouattara, de susciter la formation du RHDP et de vouloir brader le PDCI au RDR. Une volonté qui devrait pourtant être saluée, puisqu’hier, Bédié était accusé d’avoir mal géré le PDCI, en provoquant son implosion en plusieurs fragments : RDR, UDPCI et RPP. Pour d’autres, c’est parce qu’ils n’ont jamais digéré le fait que Houphouët l’ai choisi comme son successeur, dit-il.

Fologo et Anaky contre Ouattara et Bédié

« Anaky cogne Bédié et Ouattara », écrit L’inter. L’allié de la coalition au pouvoir déclare que « au RHDP, c’est la sorcellerie noire ». Il a fait savoir que pour son parti, le Mouvement des Forces d’Avenir (MFA), la rupture d’avec le RHDP était consommée depuis sa mise à l’écart dans la formation du premier gouvernement Ouattara. Il révèle qu’il y a deux RHDP : « l’originel qui continue d’exister par son idéal et ses principes, mais qu’il y a à l’intérieur, un RHDP de la mauvaise foi et de l’égoïsme politique, presqu’un RHDP de la sorcellerie noire qui s’est imposé dès la mise en place de ce pouvoir en avril 2011 ». D’ailleurs L’Expression dit qu’Anaky prend ses distances. Vu qu’il a affirmé que « le MFA demeure membre du RHDP qu’il a contribué à créer, mais se démarque totalement du pouvoir actuel et de la dyarchie ADO-Bédié. Nous ne pouvons pas être comptable d’une chose à laquelle nous ne sommes pas partie prenante ». Pour ce qui est du vote des lois sur la nationalité et le foncier, il dira qu’ « il y a lieu de se demander si, au lieu de résoudre un grand problème existant, l’on ne trace pas la voie à des situations conflictuelles apocalyptiques ». Sur ce sujet, Laurent Dona Fologo, président du Rassemblement Pour la Paix (RPP), a dit : « je crains que ces votes faciles et rapides ne soient que des bombes à retardement ». Il a souhaité une « longue campagne d’explication pour éviter que certains aspects de cette loi ne soient remis en cause sous une prochaine législature ». Il a relevé que « les problèmes fonciers se posent avec acuité dans le bastion électoral du Front Populaire ivoirien qui n’est pas représenté à l’Assemblée », rapporte Notre Voie. Mais pourquoi cette crainte ? Dans Le Mandat, Fologo dit que « ces lois ont été votées un peu trop rapidement par une assemblée nationale boiteuse ».

César DJEDJE MEL
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