Côte d'Ivoire

Pro-Gbagbo: les contours d'une libération, François Hollande cité

Publié le Modifié le
pro-gbagbo-les-contours-d-une-liberation-francois-hollande-cite La libération des pro-Gbagbo suscite beaucoup de réactions.
Revue de presse

Amis internautes, bonjour. Certainement que vous l’avez imaginé, la revue de presse de ce mardi 6 août 2013 sera consacrée à la libération des prisonniers pro-Gbagbo. Ce sujet est le principal dont a parlé la presse nationale dans son entièreté. Bienvenue sur linfodrome.com!

Une heureuse libération

« L’an 53 sous le signe de l’apaisement : 14 pro-Gbagbo retrouvent la liberté », titre Fraternité Matin. Vu qu’elle intervient à deux jours de la fête nationale. C’est au cours du Conseil des ministres que l’infirmation a été donnée et qualifiée de « salutaire » par ledit Conseil. « Le Conseil espère que cette décision contribuera à l’apaisement du climat sociopolitique et l’accélération du processus de réconciliation », a déclaré le porte-parole du gouvernement. Le Président Ouattara a même été félicité par François Hollande, fait savoir Le Nouveau Réveil. C’est que le Président français a adressé un courrier à son homologue ivoirien pour lui souhaiter une bonne fête nationale et le féliciter pour tous ses acquis.

« Je salue une fois de plus votre engagement décisif et votre détermination qui ont favorisé la sortie de crise et le retour de la légalité ». Mais la libération des pro-Gbagbo a été possible ? Soir Info nous emmène dans « les secrets » de cette remise en liberté. Selon ses sources, c’est la négociation entre Soro Guillaume, le Président de l’Assemblée Nationale, et les chefs traditionnels Bété qui a rendu cela possible. Il informe que ces chefs ont engagé une « diplomatie coutumière » auprès du chef de l’État pour cette libération, qui aurait pu intervenir un peu plus tôt, si le FPI avait demandé pardon comme Ouattara l’a suggéré. C’était, à en croire le journal, la condition pour la libération de ces détenus.

Libération différemment interprétée

Pour les journaux proches de l’opposition, Ouattara a libéré les prisonniers pro-Gbagbo parce que contraint. « Ouattara craque sous les pressions », titre Le Temps qui écrit que « sous la pression conjuguée du monde entier, Ouattara a fini par céder et a libéré 14 prisonniers politiques qui étaient en train de mourir à petit feu dans les goulags. Il a compris que seul contre tous, il ne pouvait faire autrement en maintenant inutilement dans ses camps de détention des Ivoiriens ». Quant à Le Quotidien d’Abidjan, il titre « Hollande déroule le rouleau compresseur contre le dictateur Ouattara ». Il parle d’une opération prisonniers contre aide financière en marche, car c’est la condition de l’occident pour soutenir financièrement par le régime Ouattara.

Quant à Le Patriote, il s’aligne sur la position du gouvernement qui dit prendre acte de la décision du procureur de la République d’accorder une mise en liberté provisoire à ces détenus. Pour lui, la balle est maintenant dans le camp du FPI, parce que le parti a fait de la libération de ses cadres un moyen de chantage pour sa participation au processus de réconciliation. Quant à L’Expression, il lève un coin de voile sur ce qui se passera au FPI entre le président intérimaire et le président statutaire, Affi N’guessan, libéré. « Voici le plan de Miaka pour contrôler le FPI ». Il parle d’un verrouillage du système pour être le vrai commandant du parti. Il en veut pour preuve la récente déclaration de ce dernier : « ne pensez pas que si le président Affi sort, tout sera remis en cause. Non, non, non ! C’est nous qui allons lui faire partager notre vision de terrain pour faire avancer la Côte d’Ivoire ».

Réactions à la libération

La libération des prisonniers pro-Gbagbo a suscité beaucoup de réactions. Pour le président de la Commission Dialogue, Vérité Réconciliation, Charles Konan Banny, cette décision « revêt un caractère spécial et hautement symbolique » car « elle participe à la création d’un climat encore plus propice à la réconciliation nationale », rapporte Le Mandat. Quant à Dr. Kodjo Richard, secrétaire général du FPI, il dira « nous accueillons favorablement cette décision….Néanmoins, notre position reste inchangée…Notre position est que le pouvoir, les gouvernants prennent un acte politique courageux en mettant fin à tout cela », lit-on dans Soir Info. Dans L’inter, Mamadou Koulibaly a fait savoir que « c’est une bonne nouvelle mais qui interroge nos libertés individuelles et notre conscience démocratique. On ne m’a pas expliqué à l’époque pourquoi ils étaient en prison. On ne nous expliquera pas non plus pourquoi ils sortent de prison sans jugement ».

Joël N’guessan, porte-parole du parti au pouvoir a déclaré que « le RDR se réjouit de cette troisième vague de mise en liberté provisoire…C’est le lieu de rappeler que la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens sont résolument tournés vers la réconciliation ». Par ailleurs, cette libération a créé une révolte à la prison civile de Bouaké, nous dit Nord-Sud Quotidien et bien d’autres journaux. 457 prisonniers ont tenté de s’évader à l’annonce de la nouvelle de la libération des pro-Gbagbo, réclamant eux aussi leur liberté. Mais la promptitude des gendarmes a empêché cette révolte. Mais fâché, ils mettent le feu à plusieurs bureaux.

César DJEDJE MEL
Voir ses articles