Le nouveau rapport de Amnesty International, les relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso et les crimes de la guerre postélectorale sont nos sujets dans la revue de presse de ce mardi 30 juillet 2013. Bienvenue sur linfodrome.com.
Rapport de Amnesty
Le dernier rapport de l’ONG Amnesty International rendu public, à en croire les journaux, est défavorable au pouvoir. « Massacres des populations civiles, Amnesty enfonce le régime Ouattara », écrit Le Temps. Selon lui, le rapport fait des révélations sur comment, à Nahibly (Duékoué), les victimes ont été battues ou tuées. « Les responsables politiques et militaires locaux présents pendant l’attaque n’ont rien fait pour l’empêcher, ni pour protéger les personnes déplacées qui ont, pour certaines, été battues ou tuées », dit Amnesty. Un témoin qui a assisté à la tuerie a raconté que « j’ai aperçu d’autres personnes au fond, certaines étaient couchées par terre, d’autres avaient les pieds contre la paroi du puits. Puis deux FRCI se sont penchés dans le puits et ont tiré sur eux ». Quant à Notre Voie, il écrit : « Amnesty à Ouattara : où sont les corps des victimes de Nahibly ? » En effet, « Où sont passés les corps. Des puits susceptibles de renfermer des corps doivent être fouillés » est le titre du récent rapport de l’ONG. Elle écrit que « le gouvernement de la Côte d’Ivoire n’a pas enquêté dûment sur les éléments attestant d’atteintes aux droits humains commises en lien avec les homicides qui ont eu lieu dans le camp pour personnes déplacées de Nahibly, dans l’ouest du pays, il y a un an ». Et d’ajouter que « une autopsie aurait été pratiquée sur six cadavres retrouvés dans le premier puits. Cependant, neuf mois plus tard, les conclusions n’ont toujours pas été livrées aux familles des victimes et les corps ne leur ont pas été restitués ». En dehors du pouvoir, l’ONG a accusé la représentation onusienne, selon L’inter qui a titré « Amnesty International charge l’ONUCI ». Dans un entretien par téléphone, Salvatore Saguès, chercheur à Amnesty, a confié au journal que « dans ce rapport, on montre clairement que l’ONUCI a une responsabilité très grave dans ce qui s’est passé à Nahibly. Parce que comme vous le savez, il y avait des militaires et policiers à l’entrée du camp et à dans le camp. Les informations en notre possession indiquent que lorsque les personnes déplacées sont allées vers ces militaires et policiers onusiens, ceux-ci les ont repoussées, refusant d’aider ces personnes. Alors qu’il est de leur devoir de les aider ». Il a invité l’ONUCI à revoir sa politique de protection car « si rien n’est fait, il pourrait se produire un désastre humain ».
Relations Côte d’Ivoire-Burkina Faso
« Accord de coopération Côte d’Ivoire-Burkina Faso : le nouveau pacte », titre Nord-Sud Quotidien. Hier à Yamoussoukro, un Conseil des ministres ivoir-burkinabé s’est tenu et a travaillé sur plusieurs accords que devront signer aujourd’hui les Présidents Ouattara et Compaoré. Il s’agit de la défense, de la sécurité, de la libre circulation des biens, la facilitation du commerce et des transports, la lutte contre la criminalité, la lutte contre la traite des enfants, l’emploi jeunes, selon le Premier ministre ivoirien. Le Nouveau Réveil parle de la ruée « vers un tronc commun » entre les deux États. Etant donné que Kablan Duncan, le Premier ministre ivoirien a déclaré que « au sein de l’UEMOA, la Côte d’Ivoire te le Burkina Faso sont appelés à constituer un binôme économique et complémentaire. Cela devrait permettre à relever très significativement le niveau de nos échanges commerciaux… ». Quant au chef de l’État burkinabé, Blaise Compaoré, il a affirmé qu’au travers de la coopération entre son pays et la Côte d’Ivoire, « nous voulons donner l’exemple à tous qui nous entourent dans la région ouest-africaine ». Il a d’abord remercié son « ami et frère, le Président Ouattara pour cette invitation à concrétiser les engagements que nous avons pris ensemble pour faire en sorte qu’entre nos deux pays, il y ait plus de stabilité, de démocratie, d’union ».
Crimes et situation sécuritaire
« La communauté internationale très inquiète », fait savoir Soir Info en ce qui concerne la corruption, le favoritisme, las pratiques délictueuses, au point que l’ambassadeur de la France à envoyer un rapport à ses autorités. En effet, l’article en question est de Jeune Afrique et dit que « après avoir soutenu sans réserve le nouveau pouvoir ivoirien, les partenaires d’Abidjan ne cachent plus leurs inquiétudes face à la persistance de la corruption et de la mauvaise gouvernance. L’Ambassade de France a ainsi envoyé un rapport au ministère de l’Économie et des Finances, à Paris, pour attirer l’attention sur ce phénomène. Et l’État français aurait alerté le Président, Alassane Dramane Ouattara, sur ce sujet. » Quant à Le Courrier d’Abidjan, il fait un come-back sur la mort du sergent I.B, avec des révélations son proche, Doumbia Major. Selon ce dernier, l’ordre de tuer IB est venu du Golf, hôtel où Ouattara et son camp ont séjourné durant la crise postélectorale. Car « IB a été assassiné parce qu’ils l’avaient déjà désarmé. Il était en contact avec le président Ouattara, son épouse, et même le grand frère du Président Ouattara », a-t-il dit. Le Quotidien d’Abidjan lui est revenu sur la mort du ministre Désiré Tagro, tué le 11 avril, lors de la capture de Laurent Gbagbo. Selon le journal, des témoins ont expliqué que, après que le ministre ait été tiré dessus, alors qu’il allait balancer un drapeau blanc en signe de reddition, les « rebelles » entrent dans la résidence de Gbagbo, rouent Tagro de crosse jusqu’à ce qu’il soit inoffensif. Mais sa mort de Tagro avait été programmée, dit-il, puisque l’ex-ministre des Finances Koné Katinan avait révélé que, avant que les forces pro-Ouattara soient à Abidjan, un ami ex-rebelle l’a informé du projet de sa liquidation et de celle de Tagro.