Réconcliation et nationalité

Soro récusé par les parents de Gbagbo, des députés se battent

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Revue de presse

Amis de linfodrome.com, soyez les bienvenus sur votre site préféré pour la revue de presse nationale. Visite de Soro à Gagnoa, tentative d’évasion à la MACA et le débat sur de la nationalité sont nos sujets de ce jeudi 25 juillet 2013. Bonne lecture à tous !

Soro annonce sa visite à Gagnoa

Fraternité Matin titre à la Une que pour la vérité, la justice, la réconciliation et la paix, Guillaume Soro a dit: « Je me rendrai à Gagnoa ». Il l’a fait savoir, hier, à l’occasion de la séance de clôture de la première session parlementaire. En effet, le Président de l’Assemblée a déclaré « j’irai à Gagnoa dans les semaines à venir (…) pour parler avec les populations (…) Je vais parcourir cette région et je parlerai avec tout le monde, y compris les parents de l’ex-président de la République, Laurent Gbagbo (…). Je me rendrai à Gagnoa pour parler de vérité, de justice, de réconciliation et de paix. ». Plusieurs journaux en ont fait l’écho. Mais notre Voie demande : « après l’avoir accusé de tous les maux, que va faire Soro chez Gbagbo ? », « Soro va dire quoi aux parents de Gbagbo ». Leur dira t-il que leur fils sera bientôt de retour, ou bien, que leur fils est condamné à mourir en détention, comme lui et le régime Ouattara n’ont eu cesse de le répéter depuis le 11 avril 2011. Mais si le but de sa mission est de convaincre les parents de Gbagbo d’oublier leur fils, « il fait forcément fausse route », dit-il. Effectivement, Soir Info fait savoir déjà que « Soro est indésirable à Mama, Gnaliépa et chez Blé Goudé ». Pour cette visite qui s’inscrit dans le cadre de la cérémonie d’inauguration du siège du Conseil des chefs de village de Gagnoa, dont Soro est le parrain, le comité veut lui fait sillonner tous les villages de la région y compris ceux de Gbagbo, de sa mère et de Blé Goudé. Mais les cadres et certains chefs voient en cela « une action visant à narguer les populations ». Quelques réactions des villageois : « La nouvelle de la venue de Soro dans notre village, Mama, a choqué tout le monde. S’il vient, ce n’est pas sur qu’il trouve quelqu’un pour l’accueillir ». « Non ! Il n’est pas le bienvenu à Mama... On ne peut pas accepter qu’il vienne nous narguer, lui qui a une grande responsabilité dans l’arrestation et la déportation de notre fils Laurent Gbagbo à la CPI. Il ne peut pas venir nous narguer. Ça, nous ne sommes pas prêts à l’accepter », ont dit une demoiselle et un notable.

Tentative d’évasion à la MACA

La tension était encore vive, hier, à la maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), après la tentative d’évasion la veille. « C’était encore chaud hier ! » écrit Le Nouveau Courrier. Il raconte que le matin du mercredi, des éléments de la Brigade Anti Émeute (BAE) ont pris d’assaut la prison. Mais les prisonniers révoltés, forts des femmes qu’ils ont pris en otage, ont pu avoir une négociation avec l’administration dont ils sortis presque vainqueurs, car l’administration a renoncé à la déportation du principal émeutier. Ainsi, pendant 24 heures, les détenus de la MACA ont été privés d’eau et de nourriture, ajoute-il. Cette émeute est l’œuvre de « Yacou le Chinois », c’est lui qui « a mis le feu aux poudres », titre L’Expression. Selon le journal, ce détenu ayant vu son plan d’évasion à la manière de « prison break » échoué, il ameute son groupe qui crée la zizanie, casse tout sur son passage, prend des otages. A la fin, des morts sont dénombrés. Ce « Yacou chinois » serait un véritable gangster, supplétif des FRCI. Le Nouveau Réveil ,quant à lui, parle de trois morts et des femmes violées dans cette affaire. Mais pense plutôt qu’il s’agit d’un « coup d’État manqué », au vu des moyens dont disposaient les prisonniers. Il se demande comment des détenus peuvent parvenir, « avec une facilité déconcertante, à sortir de leurs cachots et disposer de tout le temps nécessaire pour tenter de libérer d’autres prisonniers ? Comment expliquer, surtout, qu’ils soient armés ? ». Pour lui donc, cette tentative suppose que des gens tapis dans l’ombre tirent les ficelles.

Débat sur la nationalité

Le débat sur la nationalité ne fait que s’envenimer, au point où des députés ont failli en venir aux mains, à en croire L’inter. « Nationalité et foncier : discussions houleuses au RHDP, des députés manquent de se battre chez un ministre », titre-il à la Une. Le journal informe qu’au cours d’une rencontre récemment à la résidence d’un ministre pour discuter de la question de nationalité, les députés PDCI et RDR n’ont pas hésité à se lancer des piques. Un député RDR a traité le PDCI de « parti ivoiritaire et xénophobe ». En réplique, les députés du PDCI ont tour à tour accusé le RDR de vouloir « brader la nationalité et les richesses du pays à des étrangers ». Et quand le porte-parole du RDR, Joël N’guessan dit que « c’est Dieu qui a créé la terre et non ancêtres », Le Temps écrit que « le RDR avoue l’expropriation programmée ». En effet N’guessan a soutenu ne comprendre que « des individus ou groupes de personnes se donnent des droits ancestraux illimités dans le temps sur la terre que seul le bon Dieu a eu à créer. » Donc pour le journal, avec de tels propos, le RDR prépare les esprits à comprendre l’imposture à venir. Soutenant, comme ceux de son parti le RDR, que la nationalité ivoirienne ne saurait exister avant l’indépendance de la Côte d’Ivoire, en 1960, le juge Zoro Bi Ballo, a relevé que « le code de la nationalité de 1961, toujours en vigueur, parle d’Ivoiriens et d’étrangers sans dire le critère juridique permettant d’identifier les uns et les autres… au départ. » Allant, il a rappelé la prophétie d’un auteur du siècle dernier qui avait déclaré que les prochaines guerres seront des guerres identitaires, liées à la nationalité. Alors, le juge affirme que « l’actualité africaine nous fait constater aujourd’hui, hélas, combien cette prédiction se trouve justifiée », lit-on dans Nord-Sud Quotidien avec comme titre de l’article : « Débat sur la nationalité : le témoignage édifiant du juge Zoro-Bi »

César DJEDJE MEL
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