Côte d'Ivoire

Palabres interethniques et politiques, Gbagbo en prison: tout est mélangé

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Revue de presse

Salut amis lecteurs et bienvenus sur linfodrome.com pour la revue de presse nationale. Ce samedi 13 juillet 2013, nous traiterons trois sujets, à savoir : la liberté provisoire refusée à Gbagbo, un affrontement meurtrier entre populations et la tension entre partis politiques. Bonne lecture et bon week-end à tous !

Affaire Gbagbo

L’affaire Gbagbo à la CPI a présenté un nouveau scénario, hier. C’est que la Cour Pénale Internationale a refusé à Laurent Gbagbo la liberté sous caution. Une information relayée par presque tous les journaux, ce matin. « Les juges disent non à Gbagbo », écrit L’Expression. Le communiqué qu’il a reçu de la Cour dit que « dans le cadre du réexamen périodique de la détention des suspects devant la Cour (…), les juges ont estimé qu’il n’y a pas eu de changement de circonstances depuis le dernier examen, et que M. Gbagbo restera, par conséquent, en détention, sous la responsabilité de la CPI ». Selon le journal, le Conseil d’avocats de Gbagbo qui avait comme nouvelle ligne de Défense « la liberté conditionnelle ou l’exil » de son client, n’a pas été suivi par les juges. Cependant, Le Mandat relève que la procureure de la Cour a menacé. « Bensouda menace de libérer Gbagbo si… », barre t-il à la Une. Elle aurait réclamé au président Ouattara en juin dernier à Libreville, le transfèrement à la CPI, en plus de Simone Gbagbo, des commandants Chérif Ousmane et Losséni Fofana, des chefs de guerre pro-Ouattara. Sinon elle libérera Laurent Gbagbo. « Nous ne pouvons pas continuer à garder Laurent Gbagbo alors que lors de la crise post-électorale, les deux camps ont tué. Nous allons le libérer. D’ailleurs cela favorisera la réconciliation dans ce pays », a déclaré une source proche de la CPI, rapporte le journal. Et Le Nouveau Courrier est certain que « quelque chose va se passer pour Gbagbo », car l’arrêt de la Chambre préliminaire de garder l’ex-président ivoirien comporte des non-dits. Il indique que même si les juges ont pris cette décision, ils n’ont jamais été aussi « chauds » pour trouver un arrangement lui permettant de bénéficier d’un régime de liberté provisoire « rassurant » pour une « communauté internationale » qui continue de soutenir Ouattara, mais se sent gênée aux entournures.

Affrontements meurtriers entre populations

A Bouaflé, « un affrontement fait plusieurs morts et blessés », titre L’inter. Il y a même eu des maisons incendiées, ajoute-t-il. Cela s’est passé précisément dans le village d’Angovia. En effet, en représailles à une rixe entre un jeune autochtone et Coulibaly Souleymane dans laquelle le dernier cité est mort, les allochtones et allogènes de la CEDEAO ont fait une expédition dans ledit village. Bilan entre 3 et 5 personnes tuées ; 93 maisons, une vingtaine de motos, et plusieurs biens matériels partis en fumée. Notre Voie également rapporte cette affaire en titrant à la Une : « Burkinabé et Baoulé s’affrontent : plusieurs morts ». Selon lui, c’est depuis le jeudi que le conflit entre les deux communautés a débuté, suite à la mort d’un jeune burkinabé, des suites de ses blessures, après une bagarre qui l’a opposé à des jeunes baoulé, pour avoir refusé de payer les 200 f.Cfa de droit d’entrée à la mine d’or de la zone. Après ces affrontements généralisés, c’est l’exode. Les habitants fuient vers d’autres lieux. Soir Info confirme en indiquant que c’était une bagarre entre orpailleurs, et que pour ces affrontements, toutes sortes d’armes ont été utilisées : armes à feu, machettes, lance-pierre, le feu. Finalement, le calme est revenu grâce à l’intervention des forces de l’ordre.

Tensions politiques

Après la confirmation des charges contre les pro-Gbagbo en Côte d’Ivoire, Le Patriote parle au FPI : « l’arrogance ne mène nulle part ». Il s’élève contre le refus du parti de Laurent Gbagbo de demander pardon aux victimes de la crise postélectorale, comme le Président Ouattara le lui a recommandé. Le journal qualifie de cynisme les réactions des responsables de ce parti. A l’image de Dano Djédjé qui a dit : « comme il y a eu beaucoup de victimes, qui demande pardon à qui, et comment et pourquoi ? » et de Kodjo Richard : « nous sommes dans un cas de figure où le bourreau se fait passer pour la victime ». Il affirme donc que c’est cet orgueil qui a placé le FPI dans le décor du jeu politique ivoirien. Mais en elle même, la confirmation des charges fait l’objet de débat. Et Nord-Sud Quotidien a voulu en savoir plus. Interrogés, le Secrétaire national du FPI chargé de la justice, a affirmé que les détenus FPI sont des prisonniers politiques, parce que arrêtés à la résidence de Gbagbo et à l’hôtel Pergola, sous la protection de l’ONUCI. Car « ce n’est pas parce qu’ils sont allés commettre des adultères. C’est parce qu’ils étaient en compagnie du président Gbagbo ». Tandis que pour l’avocat du RDR, ils « sont des prisonniers de droit commun. Ils n’ont pas été arrêtés dans le cadre de leurs activités politiques ». Mais, à en croire Notre Voie, Ouattara a peur du FPI, et il se demande pourquoi. « Pourquoi le FPI fait si peur à Ouattara ». Ceci s’explique, selon lui, par le fait que, malgré qu’il est décapité malmené, privé de ressources, ce parti continue de vivre. Et ses dirigeants refusent d’aller à la soupe populaire. Une attitude qui vient de son éducation politique et de la formation de ses militants. Ce qui n’est pas le cas du RDR de Ouattara, relève t-il.

César DJEDJE MEL
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