Joyeux de vous retrouver chers amis internautes, fidèles de linfodrome.com. Ce mardi 9 juillet 2013, la revue de presse sera consacrée à la conférence de presse de la visite de Ouattara au nord, à Laurent Gbagbo et de la tension au PDCI. Bonne lecture à tous !
Affaire Gbagbo
A la conférence de presse qui a sanctionné cette visite, le chef de l’État s’est prononcé sur sa relation avec Gbagbo. Les journaux rapportent qu’il a dit : « je n’ai aucune raison de prendre contact avec Gbagbo ». En clair, il a expliqué que la présence de son prédécesseur à La Haye ne lui permet pas d’être en contact avec lui. « Laurent Gbagbo, je l’ai dit au chef de canton de Gagnoa, est mon frère. Nous avons été très proches. Nous avons eu des divergences politiques. Cela ne peut pas expliquer le fait que moi je n’ai pas de relations avec lui. Maintenant, il est dans les mains de la justice internationale. Donc je n’ai aucune raison de vouloir prendre contact avec lui. La question est très simple. Il demeure mon frère, on attend la confirmation des charges », a affirmé Ouattara. Une confirmation des charges qui pourrait ne pas se réaliser, à en croire Le Temps qui titre : « Procès du président Gbagbo à La Haye, Me Altit frappe un grand coup ». Le journal a publié en cinq pages les soumissions du Conseil de Gbagbo qui « démontent le rapport des juges et experts ». On peut y lire par exemple que « que les exilés ivoiriens se réclament de Gbagbo n’est pas un crime et d’ailleurs les nouvelles autorités ivoiriennes tentent parallèlement de se concilier avec le FPI, le parti créé par le président Gbagbo dont personne ne conteste le caractère démocratique et pacifique ». Quant à Notre Voie, il revient sur la crise post-électorale, en ce qui concerne le respect du Conseil Constitutionnel. « Enfin, Hollande donne raison à Gbagbo », barre t-il à la Une. C’est en fait une analyse de Bernard Houdin, conseiller de Gbagbo, après que le Président François Hollande ait appelé Nicolas Sarkozy à respecter les décisions du Conseil Constitutionnel. Opposant la déclaration d’Hollande à celle de Gbagbo lors de son audience devant la CPI, le 28 février 2013, Houdin écrit que « en quelques phrases, les présidents François Hollande et Laurent Gbagbo ont exprimé une position de respect du Droit tel que fixé par les textes que les démocraties se donnent librement. »
Ouattara-FPI
Le Président de la République a achevé sa visite dans le nord à Korhogo. Depuis là-bas, il a adressé un message à l’ex-parti au pouvoir, il dira au Front Populaire Ivoirien (FPI) : « demandez pardon aux victimes », à en croire la Une de Le Patriote. En effet, le Président Ouattara a dit : « je voudrais une fois de plus lancer un appel et inviter nos frères et nos amis du Front Populaire Ivoirien à entrer dans le processus de paix. Je leur demande de prendre le train de la paix. Ce train a pris de la vitesse et il va à vive allure. Nous ne voulons plus d’exclusion en Côte d’Ivoire. Il faut que le FPI, parti courageux avec le multipartisme, qui a eu la force de contester le parti unique, ait la force - je parle de ses dirigeants – de demander pardon aux victimes, aux parents de victimes ». Plusieurs journaux dont L’Expression et L’Inter ont fait l’écho de ce message. L’inter rapporte que, interrogé par Onuci.fm sur cet appel, Miaka Ouretto, le président intérimaire du FPI a répondu que son parti est prêt à accepter la main tendue de Ouattara mais pas à n’importe quel prix. « Il faut que des actes concrets soient posés dans ce sens. Nous leur demandons de poser des actes forts pour nous rassurer ». Mais pour Le Nouveau Courrier, avec un tel appel de Ouattara, c’est « le bourreau qui se moque de la victime ». Car pour lui, contrairement au chef de l’État qui présente toujours le FPI comme seul responsable de tous les malheurs des Ivoiriens, le FPI est la victime de la longue guerre que lui a imposé la rébellion de 2002, qui a fini par dévoiler ses accointances, sa familiarité, voire sa complicité avec le RDR, parti dont Alassane est le président. Laquelle rébellion a été le point de départ de près de dix ans de guerre et de complot, relève t-il. Et quand le Président Ouattara déclare que « depuis que nous sommes arrivés au pouvoir, aucun Ivoirien n’a été tué pour sa religion, son parti politique ou encore son ethnie », le journal lui présente les tueries à Duékoué en 2011 et celles des déplacés de Nahibly, dans la même ville, le 20 juillet 2012, attribuées aux FRCI, dozos et ressortissants du nord.
Présidentielle 2015, tension au PDCI
Au PDCI, le congrès prévu pour le mois d’octobre 2013 s’annonce comme celui « de tous les dangers », affirme Soir Info. Car d’un côté, les proches d’Henri Konan Bédié, l’actuel président du parti, veulent le maintenir, arguant que « seul Bédié peut sauver le PDCI », malgré son âge au dessus de la norme, eu égard aux textes du parti. Et de l’autre, les pro-KKB qui affirment que « sans Bédié, le PDCI vivra ». D’ailleurs le député KKB (Kouadio Konan Bertin), depuis l’Europe est à la manœuvre, relève le journal. Son groupe, ‘’les bédiéistes de 2000’’ demeure inflexible dans leur position. Au PDCI, ta tension est telle que Le Nouveau Réveil tire la sonnette d’alarme. « Criminalité politique : des numéros véhiculent de messages dangereux au PDCI », titre-il à la Une. Il appelle la population à ne pas répondre à des appels venant de deux numéros de téléphone mobile qu’il a affichés. Au RDR, Le Mandat fait savoir que le Président Ouattara aurait choisi l’ex-ministre Gilbert Koné Kafana comme nouveau secrétaire général du parti, en remplacement d’Amadou Soumahoro, en vue de la préparation de la présidentielle de 2015.