Au cours de la conférence de presse qu’il a animée, ce mercredi 21 avril 2021, au Plateau, le collectif des parents d’élèves de l’Externat Saint Paul du Plateau, par la voix de son porte-parole, Philippe Kako, a marqué son opposition à la fermeture de cet établissement scolaire catholique, « fleuron de l’éducation nationale ».
Le collectif des parents d’élèves de l’Externat St Paul Primaire Plateau est opposé à la décision de l’Archevêché de fermer définitivement cet établissement scolaire. Au cours de la conférence de presse qu’il a animée ce mercredi 21 avril 2021, le porte-parole dudit collectif, Philippe Kako, a laissé entendre que « Toute la communauté nationale doit agir pour empêcher sa fermeture » car ce sera « un drame académique et social ».
Rappelant les faits, il a expliqué qu’avant l’entame de l’année scolaire 20/21, le Vicaire Général a informé, au cours d’une réunion avec le Bureau des parents d‘élèves, de la délocalisation de l’Externat Saint Paul Primaire du Plateau de son site actuel à un site à la Riviera Faya dès la rentrée d’octobre 20/21. Et que « la raison d’une telle délocalisation était essentiellement d’ordre infrastructurel, le site du Plateau n’offrant plus, selon le Vicaire Général, les commodités nécessaires à une formation de qualité ».
Mais ne voyant aucune suite dans le dossier de cette délocalisation, le Bureau des parents d’élèves a sollicité et obtenu une réunion avec le Vicaire Général pour marquer ses inquiétudes. Et c’est au cours de cette réunion avec le bureau du collectif qu’à la surprise générale, le Vicaire Général a informé « qu’il ne s’agissait plus de délocalisation, mais de fermeture pure et simple de l’Externat St Paul Primaire du Plateau ». Motif réel ? Selon le conférencier, le Vicaire Général a fait savoir que « l’église catholique est en proie à d’énormes difficultés financières et a décidé de raser l’école et de faire construire un grand centre commercial pour générer des fonds importants » et qu’au dire de l’homme de Dieu, « l’Externat St Paul n’est plus productif en termes de ressources financières ».
Toujours selon le conférencier, à la suite de cette terrible nouvelle, le bureau des parents d’élèves a informé les parents d’élèves. Ces derniers, « tout en saisissant les raisons de la fermeture envisagée (graves difficultés financières de l’église catholique) ont présenté des propositions alternatives pour éviter les graves conséquences socio-académiques d’une telle fermeture ». C’est ainsi que l’ensemble des parents d’élèves a mandaté le Bureau des parents d’élèves auprès de l’Archevêché pour lui présenter les propositions alternatives. « Malheureusement, l’Archevêché, pour des raisons évidentes, n’a pas daigné donner suite à la demande d’audience du Bureau des Parents d’élèves », soutient Kako.
Voyant le danger venir et les limites structurelles de ce Bureau, les parents d’élèves, ont mis sur pied ce collectif pour espérer voir la décision de fermeture annulée par l’Archevêché à qui il a adressé un courrier sans suite. Face à cette situation, « le Collectif a décidé d’informer par courrier toutes les personnes ressources tant de l’éducation nationale que de divers secteurs pour non seulement les prendre à témoin face au drame à venir mais aussi et surtout espérer leur intervention », a souligné le conférencier qui précise que toutes ces personnes ressources « ne veulent pas voir mourir ce patrimoine de l’éducation nationale ».
Le collectif pense que « l’église catholique qui a essentiellement une vocation sociale ne doit se laisser gagner par des intérêts purement mercantilistes ». « Nous ne voulons pas nous interroger sur les causes profondes et réelles de ces difficultés financières. Ce n’est pas notre rôle. L’église catholique regorge en son sein des compétences pour rechercher et comprendre les difficultés financières brandies par l’Archevêché. Nous disons simplement que, pour éviter de voir mourir ce patrimoine de l’école ivoirienne, pour éviter qu’un centre commercial aussi rentable soit-il pour l’église catholique remplace une école d’élite, des mesures peuvent être prises », a dit Kako, avant de faire des propositions.
Il s’agit de la mise à disposition d’une subvention pour 2 années scolaires 2021-2023 et garantir par cette subvention, la continuité de l’exploitation de l’Externat St Paul pour les 2 années à venir, le temps d’ouvrir des discussions et analyses ; de l’ouverture avec l’Archevêché des discussions pendant ces 2 années tampon pour trouver une issue consensuelle pour la pérennité de ce patrimoine de l’école ivoirienne ; l’intégration dans le projet de construction sur le site un espace pour l’Externat St Paul et la proposition d’un montant de scolarité qui satisfasse toutes les parties et conserve la pérennité de cette école d’excellence.
En tout cas, « le collectif affirme sa totale disponibilité en réseau et moyens (humains, matériels, financiers) pour une solution garantissant les attentes de l’Archevêché mais aussi l’intérêt de notre devoir sociétal à tous d’une société éduquée de demain pour nos enfants ».
A en croire Philippe Kako, 700 enfants fréquent actuellement l’Externat Saint Paul du Plateau. Cette école créée en 1956 par des missionnaires marianistes « a formé et continue de former l’élite nationale. De nombreuses autorités sont passées par cette école. C’est une école d’excellence », a rappelé le conférencier.
Adolphe Angoua
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