Lycée moderne de Bangolo: L'élection du président du Coges finit dans la violence, de nombreux blessés enregistrés

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lycee-moderne-de-bangolo-l-election-du-president-du-coges-finit-dans-la-violence-de-nombreux-blesses-enregistres L’élection du président du Coges a battu le record de mobilisation des parents d’élèves (Ph : E.G.)
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La ville de Bangolo, dans la région du Guemon, a connu une journée émaillée de violences le mercredi 15 janvier 2020.

En effet, ce jour a été choisi pour le renouvellement du bureau du Conseil de gestion des établissements scolaires (Coges) du lycée moderne de la ville.  Convoqués, les parents d'élèves ont répondu massivement présent. Des minicars appelés communément "gbaka", des motos, des tricycles et autres engins de transport ont été mobilisés par les candidats pour convoyer le maximum de votants. Déjà à 9h, le lycée moderne de Bangolo avait fait le plein de parents d’élèves. Une présence exceptionnelle qui a conduit à l'interruption des cours. L’on sentait même de la tension dans l’air.

Aux environs de 10h, des élèves se réclamant de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci), se signalent par des jets de pierres sur les votants. C'est le début du cafouillage. C’est la débandade et le sauve-qui-peut. Ces élèves seront maîtrisés quelques instants après par des jeunes venus de la ville. L'on a enregistré plus de 6 blessés parmi les élèves et deux chez les parents venus voter. Le calme revenu, les opérations de vote reprennent et se déroulent bien entre 13h30 et 15h30, avant d’être à nouveau interrompues, cette fois par des badauds. Les urnes du deuxième bureau de vote ont été littéralement saccagés. C'est la fin du scrutin. La consternation se lisait sur des visages.

« Pourquoi autant d'actes de violences juste pour une élection du président du Coges ? », s’interrogeaient des parents d’élèves surpris de tout ce qui se passait. « J’étais dehors et à ma grande surprise, l'on me fait savoir qu'il y a des badauds qui ont cassé les urnes. Cela ne s'est jamais produit à Bangolo. Tout le monde commence à s'intéresser au Coges. Mais, on ne se bat pas au chevet d'une mère malade. J'appelle tous les parents au calme », a lancé le président sortant, Jean Didier Dokou quelque peu déçu.

« J'ai mal au cœur. Lorsqu'on appelle les parents pour réfléchir aux maux qui minent le lycée, ils ne viennent jamais. Mais quand il s'agit d'élections, ils répondent en grand nombre. Ce sont les représentants des candidats passionnés qui ont décidé de semer le désordre. Il y a eu des fraudes massives et c'est ce qui provoqué les casses. Pour des élections de Coges je ne pense pas qu'il faut envoyer une armée pour la sécurisation. C'est déplorable », a déclaré  Richard Pékin Trah, candidat au poste de la présidence du Coges. « Un parent est fait pour éduquer les enfants. Mais pour une simple élection de Coges, je suis vraiment dépassé », a laissé entendre David Taha, un autre candidat à la présidence du Coges.

Au moment où nous mettions l’information sous presse, seul le vote aux postes de trésorier, de Vice-président et de commissaire aux comptes adjoint ont été validés. Quant à l’élection du président, elle faisait l’objet de discussions entre le représentant du président du conseil régional, l'administration du lycée et les 4 candidats.

 

Emmanuel Goun, correspondant régional



 

Emmanuel GOUN
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