Les enseignements se sont brutalement arrêtés dans les établissements secondaires de la région de la Marahoué, le jeudi 12 décembre 2019, peu avant 9h, suite à des coups de sifflet et des jets de pierres lancés par des individus qui exigent que les élèves partent pour les congés de Noël, avant l’heure.
Au lycée moderne 1 de Bouaflé, le délégué de la Première A1, Ouattara Brahima et ses camarades ont rejeté la responsabilité de ces coups de sifflet qui ont vidé le lycée 1 de Bouaflé. « Certains camarades ont dû interrompre des interrogations écrites et autres devoirs. Cette fois, ce n’est pas nous. Nous sommes formels là-dessus », ont clamé les élèves et leur délégué rencontrés au portail de l’établissement. Des enseignants n’ont pas voulu en dire plus, se contentant d’ironiser au sortir d’une rencontre avec le proviseur du lycée : « si les élèves disent que ce ne sont pas eux, c’est que c’est l’administration ! ». « Les élèves veulent se reposer. Sinon, comment comprendre ces coups de sifflet et ces jets de pierres, qui ont vidé le lycée en un clin d’œil.
En effet, je suivais, comme j’ai l’habitude de le faire très souvent, un cours de philosophie dans une classe de terminale lorsque j’ai entendu des coups de sifflet et en même temps, des élèves sont sortis des classes. Les délégués interrogés se disent surpris », a expliqué le proviseur, Kadjo Angban Michel. Il a dit sa détermination à retrouver ces fauteurs de troubles. « Je suis convaincu que les responsables seront retrouvés. J’ai commis les délégués à mener des investigations pour me donner des noms, car dans leur groupe, ils se connaissent bien, ils connaissent les perturbateurs, ces fauteurs de troubles habituels », a-t-il indiqué.
Au lycée moderne de Zuénoula, les cours ont été également arrêtés après des coups de sifflet intervenus. Cependant, les élèves des établissements privés ont fait cours.
Du côté du lycée Henri Konan Bédié de Sinfra, à croire Touré Konkobo, adjoint au proviseur dudit lycée, joint au téléphone, les cours avaient bel et bien commencé à 7h dans son établissement, quand aux environs de 10h, des coups de sifflet ont retenti.
Il n’en fallait pas plus pour créer la débandade au sein de l’établissement. « Comme l'on le constate avant les congés de fin d’année, certains élèves décident de faire le tour des établissements scolaires pour perturber les cours. A l’aide de sifflets ou de jets de projectiles, ces perturbateurs ont réussi à déloger leurs condisciples des classes. Pour éviter le saccage de l’établissement, la direction a pris la décision de suspendre les cours et de libérer les élèves », a-t-il fait savoir.
Les établissements préscolaires et primaires de la Marahoué n’ont pas été épargnés. Des élèves munis de sifflets et de projectiles ont délogé leurs petits frères.
Guillaume KOUAME (Correspondant régional)