La cathédrale Christ-Roi du diocèse de Daloa a servi de cadre, hier dimanche 13 octobre 2019, à la messe d'action de grâce de la nouvelle année académique scolaire et universitaire.
Autorités éducatives, élèves, étudiants et enseignants, étaient rassemblés dans la chapelle, pour confier l'année scolaire nouvelle au Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. A la suite des textes bibliques pour l'édification des âmes, Monseigneur (Mgr) Marcellin Yao, évêque du diocèse de Daloa, a livré son message. Il a salué le travail abattu par les acteurs du système éducatif. « L'école est malade. Elle souffre d'un type de lèpre connu sous le nom de laisser aller. Un manque de rigueur, avec le maintien dans une situation d'ignorance. Des violences entre élèves et enseignants. Les effectifs pléthoriques dans les salles de classe.Du coup l'éducation est bâclée.
Nous voyons une jeunesse sacrifiée, manipulée par les adultes. Les bibliothèques sous-équipées, parfois inexistantes. La tricherie à grande échelle. Les résultats maquillés, avec le taux de pourcentage faux. L'école est devenue le lieu des affaires. Les enfants baignent dans une précarité sans nom, malgré tous les grands cerveaux et pédagogues que nous avons. Le système éducatif est peu crédible, avec les notes de complaisance », a dénoncé l'homme de Dieu. Après l'exposé sur les maux de l'école, l'évêque de Daloa, a préconisé des solutions, dans l'espoir que tout peut changer. « Je crois que les choses peuvent changer. La guérison est possible, seulement si l'environnement favorise les enfants, à condition que chaque acteur joue sa partition », a-t-il souligné. Il a demandé que l’autorité de l’Etat soit renforcée.
Aux enseignants, il a exhorté à être des modèles en évitant la familiarité avec les élèves. « Ayez de l'autorité et soyez de vrais maîtres, par votre compétence », a-t-il conseillé. L’homme de Dieu a eu également un mot pour les parents. « Je comprends votre souffrance. Vous êtes impuissants. Ne baissez pas les bras. Il faut collaborer avec les enseignants. Ne les menacez pas. L'éducation va de pair avec la punition », a déclaré. Mgr Marcelin Kouadio a invité les élèves à prendre leurs études au sérieux. «Vous êtes capables de bonnes choses mais il faut vous canaliser. Ne jouez pas aux papas et aux mamans avec les grossesses. Ce qui tue, c'est le travail bâclé. Evitez les violences. Ayez du courage. Respectez les parents et les enseignants. Prenez les études au sérieux. Des défis vous attendent. Mettez votre amour en Jésus Christ, pour votre réussite, dans une assurance par la foi », a-t-il recommandé.
Marcel ZEPRE, correspondant