Des enseignants des Universités publiques et centre de recherches de Côte d'Ivoire sont privés de salaires depuis 8 mois. Une situation qu'a dénoncé Pr Johnson Zamina, secrétaire général de la Coordination nationale des enseignants-chercheurs et chercheurs de Côte d'Ivoire (Cnec), quand Linfodrome l'a joint par téléphone le vendredi 23 août 2019.
« Depuis 8 mois nous sommes sans salaires. Nous sommes 14 enseignants de la Cnec dans cette situation. Et si on ajoute les ponctions sur les primes et primes non payées, ce sont une vingtaine d'enseignants qui sont brimés », a fait savoir Pr Johonson Zamina.
Qui a expliqué que la présidence de l'Université refuse de s'exécuter au motif que ces enseignants ont écopé d'une sanction infligée par le Conseil de l'Université. « Or, la Commission juridique de l'enseignement supérieur qui est instance suprême, comme la Cour suprême, a cassé cette décision. Elle a ordonné de nous payer immédiatement et de nous reverser le reliquat des primes. Dans un pays normal, quand une instance supérieure casse une décision subalterne, celle-ci s'applique. Ce qui n'est pas le cas », a-t-il déploré.
Puis Pr Johnson Zamina a fait cette observation : « Nous avons fait le tour des institutions pour leur expliquer la situation. Mercredi dernier j'étais convoqué à la présidence de la République pour donner des explications ? Mais, jusque-là rien. Quand par solidarité nos camarades vont observer un arrêt de travail, alors en ce moment-là on dira que nous ne sommes pas patriotes. Au fond, j'ai le sentiment qu'ils ne veulent pas l'accalmie à l'Université ».
Quelles sont les raisons profondes de cette ''acharnement'' ? « Museler la Cnec. La Cnec est le seul syndicat des enseignants qui tient actuellement tête à l'Université. Il faut casser toute velléité syndicale. On veut faire peur avec la rétention des salaires. C'est tout. Malheureusement, le président de l'Université est soutenu en cela par des responsables d'autres institutions de la République », a répondu Pr Johnson.
Des heures sombres s'annoncent dans l'enseignement supérieur au moment où des nombreux ''Chinois'' peur le roi du Coupé-décalé, Dj Arafat. Les obsèques du Daishikan sont prévus le 31 août 2019, à Abidjan.
Jonas BAIKEH