Les choses se compliquent dans les Universités de Côte d’Ivoire. Les enseignants qui observent un grève depuis quelques semaine ont décidé de durcir le ton. C’est ce qu’ont indiqué Dr Koffi Kouablan Edmond, 1er secrétaire général adjoint de la Coordination nationale des enseignants du supérieur et des chercheurs de Côte d’Ivoire (Cnec) et Dr Yéo Kanabein Oumar, porte-parole du Collectif des enseignants-chercheurs et chercheurs (Codec) lors de la conférence de pesse qu’ils ont animée ce mardi 19 février 2019, à Cocody.
« Nous sommes dans notre logique de maintien de la grève qui d’ailleurs est bien suivie », a souligné Dr Koffi.
Une radicalisation de leur position consécutive à l’incarcération et mise sous mandat de dépôt du Pr Johnson Kouassi, secrétaire général de la Cnec et de son compagnon d’infortune Dadé Joel. « Ce soir ils dormiront à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Ils sont accusés de « trouble politique, trouble à l’ordre public, de séquestration, de menace et d’injures. Soyons sérieux ! De mémoire d’enseignants du supérieur et même en Côte d’Ivoire, c’est la première fois que des enseignants font emprisonner leurs collègues enseignants, de surcroît secrétaire général d’une organisation syndicale au motif de l’amélioration de leurs propres conditions de vie et de travail », a dénoncé Dr Koffi.
Quant à Dr Yéo Kanabein Oumar, il a laissé entendre que l’arrestation de ses collègues (Johnson Zamina Kouassi et Dadé Joël) sonne comme le coup d’envoi de l’opération de musellement de la gente intellectuel des universités publiques. « Nous prenons à témoin la communauté nationale et internationale, de l’escalade de la terreur provoquer par monsieur Abou Karamoko. Nous demandons la libération immédiate et sans condition de nos collègues de la Cnec, l’annulation pure et simple des mesures de révocation et suspension à l’endroit de nos collègues, la mise en place d’un cadre de négociation et de discussion constructif afin de résoudre les problèmes urgents qui font blocage dans notre institution. Ne pas tenir compte de ces propositions, c’est courir le risque d’une tension réelle et permanente sur l’espace universitaire pouvant embraser le tissu social », a-t-il martelé.
Jonas BAIKEH